
Référence mondiale de l’hôtellerie haut de gamme depuis plus de 35 ans, Aman transpose pour la première fois en mer l’idée fondatrice de ses établissements terrestres : celle du refuge. Un refuge en mouvement, pensé non comme une parenthèse coupée du monde, mais comme une manière différente de l’aborder. À l’instar de Ritz-Carlton ou de Four Seasons, le groupe investit aujourd’hui l’univers maritime, mais en choisissant un chemin singulier.
Amangati, un yacht conçu comme une extension naturelle de l’ADN Aman
Actuellement en construction en Italie, Amangati a été imaginé en collaboration avec Sinot Yacht Architecture & Design. Son nom, issu du sanskrit, signifie « mouvement paisible », une expression qui résume l’esprit du projet. Ici, pas de démonstration tapageuse ni de gigantisme assumé, mais une recherche constante d’équilibre entre fluidité, espace et continuité. Long d’environ 180 mètres, le yacht comptera 9 ponts et seulement 47 suites pour 94 passagers. Un chiffre volontairement limité, qui place Amangati à part dans le paysage des croisières de luxe. Les surfaces, particulièrement généreuses, s’échelonnent de 68 à 354 mètres carrés. Toutes les suites disposent de vastes terrasses privées et de baies vitrées pleine hauteur, abolissant presque la frontière entre l’intérieur et la mer. Les intérieurs s’inscrivent dans une esthétique épurée, inspirée du ryokan japonais. Bois clairs, matières minérales, lignes sobres et lumière omniprésente composent une atmosphère feutrée, immédiatement identifiable comme celle d’Aman. Le décor n’est jamais un simple écrin, mais un élément structurant de l’expérience, pensé pour accompagner la lenteur du voyage.

Une Méditerranée parcourue sans précipitation, mais sans renoncer à la richesse des itinéraires
Les premiers itinéraires annoncés se concentrent exclusivement sur l’Europe et le bassin méditerranéen. Ils s’articulent autour de croisières de 5 à 8 nuits, reliant plusieurs ports au fil d’un tracé côtier continu. Contrairement à certaines approches plus minimalistes, Aman ne réduit pas le nombre d’escales. Certaines traversées comptent jusqu’à 7 ports en moins d’une semaine, comme entre Palma de Majorque et Nice. La différence tient à la manière de les vivre. Nuits à quai, départs tardifs, haltes prolongées : Amangati privilégie le temps passé sur place plutôt que l’enchaînement rapide. Le trajet devient aussi important que la destination. Le yacht longe la côte dalmate et ses héritages antiques, explore l’Espagne méditerranéenne marquée par son passé mauresque, avant de rejoindre la Riviera française. Certaines escales, comme Beaulieu-sur-Mer, figurent parmi ces ports rarement accessibles aux grands navires. Non pas pour cultiver une forme d’exclusivité gratuite, mais pour permettre une navigation plus fine, plus proche des rivages, et moins contrainte par les infrastructures lourdes du tourisme de masse.
Venise, Cannes, Monaco : des rendez-vous abordés autrement
Parmi les temps forts de cette première saison, Venise occupe une place à part. Grâce à ses dimensions contenues, Amangati pourra emprunter le Grand Canal, longer la place Saint-Marc et quitter la lagune au coucher du soleil. Un moment pensé comme une scène inaugurale, où la ville se laisse observer depuis la mer avant de s’effacer lentement à l’horizon. Certains voyages coïncideront également avec de grands rendez-vous méditerranéens, comme le Festival de Cannes ou le Grand Prix de Monaco. Là encore, l’approche reste décalée. Il s’agit d’observer depuis le large, de rejoindre la côte sans s’y dissoudre, puis de reprendre la mer lorsque l’effervescence gagne les quais.

La Selora Marina, cœur vivant du yacht
À bord, la vie ne s’organise pas autour d’un atrium central ou d’espaces spectaculaires, mais autour de lieux pensés pour accompagner le rythme naturel de la journée. La Selora Marina and Lounge en est l’exemple le plus emblématique. Située à l’arrière du yacht, directement au contact de la mer, elle constitue un véritable point d’ancrage. On y accède en quelques pas depuis les ponts inférieurs. On y nage, on y pagaie, on s’y attarde simplement au fil de l’eau. La mer n’est jamais un décor lointain, mais une présence immédiate. Le lounge attenant prolonge cette relation directe, offrant un espace pour partager un verre ou une assiette pensée en fonction du moment de la journée, dans une atmosphère ouverte à la lumière et à l’air.
Bien-être et rythme intérieur
Sur Amangati, le bien-être ne se limite pas à un spa, aussi spectaculaire soit-il. Il structure le déroulé du voyage. Les journées trouvent leur cadence naturelle entre mouvement, repos et contemplation. Le spa Aman, déployé sur deux ponts, propose des salles de soins ouvertes sur la mer, complétées par un jardin japonais en plein air, conçu comme un espace de respiration face à l’horizon. Ce rapport au temps se retrouve dans l’ensemble des espaces de rassemblement. Certains invitent à la musique live, d’autres à des échanges plus feutrés, d’autres encore à la solitude choisie. Rien n’est imposé, tout est suggéré.

Une vie à ciel ouvert, entre mer et lumière
Les ponts extérieurs occupent une place centrale dans l’expérience. Zones ombragées, espaces ouverts au soleil, coins plus retirés : chacun peut trouver son propre rythme. Le thé de l’après-midi s’installe comme un rituel discret, tandis que les fins de journée se prolongent au ras de l’eau, à l’heure où la lumière décline. Pensée comme une extension naturelle de la vie à bord, la relation à la mer se poursuit grâce à une marina ouverte et à deux tenders sportifs dédiés. Sorties contemplatives, ski nautique, exploration côtière : une sélection de water toys permet de passer sans rupture de la quiétude à l’énergie, selon l’envie du moment.
Une nouvelle lecture du voyage maritime
Avec Amangati, Aman ne se contente pas d’entrer dans l’univers de la croisière haut de gamme. Le groupe propose une lecture différente du voyage en mer, où la densité des itinéraires cohabite avec une attention extrême portée aux espaces, au rythme et à la qualité du temps vécu. Plus qu’un simple yacht, Amangati se présente comme un territoire flottant, pensé pour celles et ceux qui cherchent à parcourir la Méditerranée autrement, sans renoncer ni à la richesse des escales, ni à l’idée d’un luxe profondément intériorisé. Une approche plus sensible que démonstrative, plus habitée que spectaculaire, qui pourrait bien redéfinir les codes de la croisière de luxe en Europe.
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