Alan Roura : « je ne suis plus le petit merdeux de l'époque ! »

Vendée Globe
Vendredi 26 juin 2020 à 6h30

On aurait pu le surnommer le « petit suisse » par ses origines helvètes et le fait qu'il soit le plus jeune concurrent du prochain Vendée Globe. Mais le raccourci est trop sommaire. Alan Roura est un vrai spécialiste de la course au large. Il prendra le départ du Vendée Globe le 8 novembre à bord de son Imoca La Fabrique. Entretien sans concession.

On aurait pu le surnommer le « petit suisse » par ses origines helvètes et le fait qu'il soit le plus jeune concurrent du prochain Vendée Globe. Mais le raccourci est trop sommaire. Alan Roura est un vrai spécialiste de la course au large. Il prendra le départ du Vendée Globe le 8 novembre à bord de son Imoca La Fabrique. Entretien sans concession.

Comment se passe votre préparation au Vendée Globe ?

« Nous avons dû fermer la société pendant toute la période du confinement. Il nous restait seulement une semaine de travail à effectuer sur mon voilier avant sa première sortie. Comme beaucoup, nous avons repris nos activités le 11 mai avant sa mise à l'eau, le 28 mai dernier, à la Base des sous-marins de Lorient. Avec la  crise sanitaire, nous avons manqué deux transatlantiques mais nous essayons de naviguer depuis au maximum pour rattraper le retard. Le week-end, j'effectue des sorties offshore de 24 ou 48 heures en solo ou en équipage avant cette première course officielle en juillet. Le programme est intense mais mon équipe a bien travaillé. A la fin de l'été, on prévoit également d'effectuer des contrôles du mât de l'Imoca en Espagne... »

Nautisme Article

Et votre voilier La Fabrique ?  

« C'est un bateau ancien qui date de 2007 mais reste performant et qui affiche un joli look. Un plan Finot qui a terminé second du Vendée Globe en 2008 et deuxième également de la Route du Rhum avec Armel Le Cleac'h. Ensuite, il a appartenu à Bertrand De Broc avant son rachat par notre équipe en 2017. Grâce à mon partenaire, nous avons pu effectuer des modifications comme un nouveau plan de voilure et l'ajout de foils. Idéalement, nous aimerions changer la quille et apporter d'autres évolutions techniques mais le coût global estimé est trop important, de l'ordre de 500-600 000 euros. C'est trop cher ! »

Nautisme Article

Aux dires de certains, vous êtes à la fois l'autodidacte, le marin d'eau douce et le plus jeune skipper du Vendée Globe, c'est-à-dire sans expérience. Vous bousculez les codes de la course au large ? 

« Pour mon premier Vendée Globe en 2016, j'étais à 23 ans, le plus jeune skipper à terminer la course. On me regardait déjà de travers car je ne venais pas du circuit Figaro, j'avais surtout une expérience en Mini 650 et en Class 40. On a monté le projet du Vendée Globe en 11 mois avec une petite équipe de bénévoles ! Mon âge ? C'est surtout un problème de respect. On peut être un jeune marin sans avoir d'expérience en mer mais il faut savoir que certains en ont beaucoup. Personnellement, j'ai vécu sur un bateau dès l'âge de 2 ans et j'ai débuté la navigation en solitaire aux Antilles à partir de 14 ans. Lorsque j'ai terminé 7e de la Route du Rhum en 2018, on m'a regardé autrement. Dans le milieu, je ne suis plus le petit merdeux de l'époque ! (rires). Concernant mes origines hélvètes, j'ai passé seulement 8 ans de ma vie en Suisse, je ne suis pas vraiment un lacustre... »

Vos objectifs sur le Vendée Globe ?  

« C'est difficile de définir un classement car il va avoir beaucoup de casse sur cette édition, c'est certains. Mon objectif sportif est de boucler ce tour du monde en 80 jours ! »

En parlant d'aventure, avez-vous des modèles ou des sources d'inspiration ?

« J'ai beaucoup d'admiration pour Ellen MacArthur. C'est la seule personnalité du milieu de la course au large que je n'ai jamais rencontré. Quand on aime la mer, on peut faire de belles choses. J'ai un profond respect également pour Bilou (Roland Jourdain), mon compatriote Bernard Stamm et aussi Francis Joyon. Un marin plein de talent et exceptionnel qui casse les codes de la course au large ! » 

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.