Vendée Globe : Mi-course, nouvelles stratégies
En mer, il ne faut pas seulement composer avec les caprices du temps, les aléas de la mécanique et l’effet insidieux de la fatigue. Chacun doit aussi prendre en compte ce que font les autres et accepter que certains s’échappent, soient plus en réussite et plus à la fête. Car l’état des lieux le confirme : il n’y a pas que les joueurs de Virtual Regatta qui aimeraient être à la place des trois premiers, Charlie Dalin (MACIF Santé Prévoyance, 1er), Sébastien Simon (Groupe Dubreuil, 2e) et Yoann Richomme (PAPREC ARKÉA, 3e) qui creusent l’écart encore et encore. Leur seule “besogne”, et pas des moindres, tricoter le long de la ZEA (zone d’exclusion Antarctique), c’est dire s’ils ont déjà connu bien pire. On notera au passage deux données statistiques de plus : Charlie Dalin, ‘lider maximo’, a dépassé les 50 % du parcours et il est le premier à avoir passé la latitude de la Tasmanie ce vendredi.
D’après Basile Rochut, consultant météo de la course, « le “gros” de la dorsale devrait avoir lieu de samedi à dimanche et ils seront tous très ralentis ». Sam Goodchild (VULNERABLE, 7e), Yannick Bestaven (Maitre Coq IV, 8e), Paul Meilhat (Biotherm, 9e) devraient être rejoints par Boris Herrmann (Malizia-Seaexplorer, 10e) et ses drôles de dames, Justine Mettraux (Teamwork-Team Snef, 11e), Samantha Davies (Initiatives Cœur, 12e) et Clarisse Cremer (L’Occitane en Provence, 13e).
La bonne nouvelle pour tout ce groupe, c’est que « l’après-dorsale » s’annonce un peu moins pénible que prévu car derrière, une dépression se creuse et engendrera progressivement du vent fort, idéal pour revenir sur le trio de tête. « Ça va faire l’élastique… Il va y avoir du match », promet Basile Rochut. « Le vent de Nord qu’on devrait retoucher va nous propulser quasiment jusqu’à un bon tiers du Pacifique, ça peut faire un bon run de vitesse », corrobore Nicolas Lunven.
Derrière, tous ont résisté au passage de cette fameuse dépression et s’attachent tant bien que mal à bricoler pour en effacer les séquelles. Guirec Soudée (Freelance.com, 30e) est en approche des Kerguelen pour monter au mât suite à son problème de J2 et de drisse. « Il essaie de s’abriter au mieux du vent et de la mer, il pourrait aller plutôt sur la face Nord-Est de l’île », explique-t-on à la Direction de Course. Louis Duc (Fives Group - Lantana Environnement, 24e), de son côté, attend une accalmie pour réparer une voile qui est « en chantier ». Lui aussi connaît bien les tracas de l’Indien : « On échange pas mal avec Guirec (Soudée) et j’ai eu Tanguy (Le Turquais, Lazare, 21e) ce matin aussi. On a tous eu nos petits soucis ces derniers jours, c’est pour ça que j’essaie de ne pas aller trop vite pour essayer de préserver le matériel ».
De son côté, Antoine Cornic (Human Immobilier, 32e), qui dispose seulement d’une voile d’avant et compose avec son rail de grand-voile cassé, continue de faire route vers les îles Saint-Paul et Amsterdam. Derrière, Oliver Heer (Tut gut., 31e) et Kojiro Shiraishi (DMG Mori Global One, 33e) devraient faire face à une dépression secondaire d’ici la fin du weekend.
Ainsi donc, la météo, qu’elle soit trop calme ou trop virulente, n’épargne personne. Même la lanterne rouge, Szabolcs Weöres (New Europe, 38e), le constate dans l’Atlantique Sud. Dès cette nuit, le vent va forcir et la mer s’agiter un peu plus dans son sillage, le propulsant dans l’océan Indien où cavalent tous ses camarades.
Retrouvez chaque jour notre analyse météo de la course avec METEO CONSULT Marine dans notre dossier spécial Vendée Globe et suivez les skippers en direct grâce à la cartographie.