Grande Barrière de corail : qu'en est-il ?

Culture nautique
Par Figaronautisme.com

La Grande Barrière de corail est l’une des sept merveilles naturelles du monde. Abritant faune et flore abondantes, elle est un sanctuaire marin dont l’importance écologique est déterminante pour la planète. Cependant, elle est en grand danger et a été l’objet d’une possible inscription parmi les sites “en péril” du patrimoine mondial. Statut évité en juillet 2021, qu’en est-il de son état aujourd’hui ? Malgré les nombreuses destructions de coraux, est-il encore possible de sauver ce joyau de vie ?

Grande Barrière de Corail au large de la côte Nord-Est de l'Australie
La Grande Barrière de corail est l’une des sept merveilles naturelles du monde. Abritant faune et flore abondantes, elle est un sanctuaire marin dont l’importance écologique est déterminante pour la planète. Cependant, elle est en grand danger et a été l’objet d’une possible inscription parmi les sites “en péril” du patrimoine mondial. Statut évité en juillet 2021, qu’en est-il de son état aujourd’hui ? Malgré les nombreuses destructions de coraux, est-il encore possible de sauver ce joyau de vie ?

Au large du Queensland, Etat australien situé au nord-est du pays, dans l’Océan Pacifique, se situe le plus grand système corallien et la plus grande structure vivante de la planète : la Grande Barrière de corail. Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1981, cette merveille du monde qui s’étend sur 344 400 kilomètres carrés est visible depuis l’espace. À titre de comparaison, elle équivaut à peu près à la taille de l’Allemagne !

La Grande Barrière abrite une diversité de plantes et d’animaux aquatiques véritablement incroyable. Elle se compose de 3 000 systèmes de récifs, d’environ 600 îles tropicales et de 300 bancs de corail. Sa faune et sa flore très riches, tout comme ses eaux turquoises, en font l’une des attractions touristiques la plus populaire dans le monde. Cette vitalité en fait une valeur économique très importante pour l’Australie en matière de tourisme et de pêche puisqu’elle représente 6 milliards d’euros par an pour l’économie australienne et presque 70 000 emplois à plein temps. 

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La préservation de la Grande Barrière est très importante car elle est très ancienne, le corail qui le constitue a été créé il y a 18 millions d’années !

Grand refuge d’espèces menacées, elle abrite une immense diversité d’espèces dont 1 500 espèces de poissons, plus de 200 types d’oiseaux ou encore 4 000 espèces de coquillages et de nombreuses autres espèces qui font de sa conservation un enjeu majeur pour la biodiversité. Les coraux, en représentant moins de 0,2% de l’océan, abritent près d’un quart de la biodiversité marine. 

Néanmoins, le site a perdu la moitié de sa surface corallienne au cours des trente dernières années en raison de la hausse de la température de l’eau, des espèces invasives, mais aussi des cyclones tropicaux et des conséquences des activités humaines. 

Quelles sont les menaces qui pèsent sur la Grande Barrière ?

La Grande Barrière de corail est l’un des écosystèmes naturels le plus riche et complexe de la planète mais sa survie est mise en péril par des menaces qui pèsent lourdement sur son écosystème aujourd’hui plus que vulnérable, comme les pollutions plastiques qui peuvent être abrasives pour le corail ou lui déchirer la peau, favorisant la pénétration d’agents pathogènes et le déclenchement d’infections potentiellement mortelles. 

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Tout d’abord, le réchauffement climatique est une menace pour la survie des coraux parce qu’il provoque une augmentation de la température de l’eau qui conduit au phénomène de dépérissement du “blanchiment”. Les coraux se nourrissent de matières en suspension dans l’eau mais ils se développent aussi grâce à la zooxanthelle, une micro-algue qui se déploie et fournit au corail l’oxygène dont il a besoin pour survivre. Cependant, les températures en hausse compromettent cette symbiose car la conséquence est que le corail rejette l’algue. Cet animal marin, normalement si coloré, blanchit et se fragilise car la zooxanthelle ne lui apporte plus les nutriments dont il a besoin. Le corail peut récupérer son algue, mais si ce n’est pas le cas au bout de quelques mois, il meurt. Les plus graves évènements de blanchiment que la barrière ait connus ont eu lieu en 2016, 2017 et 2020. 

Une autre menace pour les coraux est l’acanthaster pourpre aussi appelée l’étoile de mer “couronne du Christ” ou “couronne d’épines”. C’est une espèce invasive qui se nourrit de coraux et dont le venin des piquants provoque la nécrose des tissus. Elle est toxique pour les espèces animales mais aussi pour l’Homme et a une capacité de reproduction très importante, de plusieurs millions d'œufs par saison, ce qui lui fait craindre peu de prédateurs. 

Ensuite, la pêche est également une menace pour la Grande Barrière car une mauvaise gestion accroît la pression sur les espèces menacées comme les tortues, les dauphins côtiers et les dugongs par exemple. 

Le dragage et le déversement sauvage des déchets nuisent également aux coraux car les rejets de dragage déversés en mer peuvent dériver jusqu’à 80 kilomètres. Cela assombrit les eaux cristallines des récifs, prive les coraux de soleil et les rend ainsi plus vulnérables au blanchiment. Le même phénomène de privation de lumière est aussi dû aux ruissellements agricoles qui étouffent les coraux et les lits d’algues.

Enfin, l’inquiétude croissante du comité du patrimoine mondial de l’UNESCO porte sur les accidents de navigation et les échouements qui constituent un grand risque pour cet écosystème protégé car ils sont susceptibles d’endommager les coraux et de polluer les eaux du récif. L’augmentation du trafic est également synonyme d’augmentation des risques de collision avec les baleines qui migrent à travers la zone. 

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Est-il encore possible de faire quelque chose pour sauver le récif ?

L’objectif est d’enrayer le déclin des espèces et surtout de protéger la santé des écosystèmes en atténuant les conséquences du changement climatique. 

Les récifs coralliens sont résilients naturellement. Minimiser les impacts de l’activité humaine sur la nature et réduire les menaces pourraient ainsi permettre au récif de récupérer et de se reconstruire naturellement. 

Afin de gérer à long terme la pollution, tenter de réduire les conséquences du changement climatique mais aussi d’autres menaces qui mettent en péril la vie et la valeur de ce site inscrit au patrimoine mondial, les gouvernements australiens et du Queensland ont mis en place un plan de 35 ans intitulé “Reef 2050 Plan”. Ce projet de protection de la Grande Barrière de corail est un document prévoyant des mesures de préservation jusqu’en 2050. 

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Des organisations non gouvernementales se joignent à la lutte pour la protection et la restauration des récifs coralliens. C’est notamment le cas de WWF qui a lancé en 2013 un grand programme intitulé “Se battre pour le récif” afin d’empêcher, selon l’ONG, “que de nouvelles pressions inacceptables s’exercent sur cet écosystème déjà très vulnérable”. Cette campagne a entre autre permis d’obtenir du gouvernement australien “l’interdiction de tout dépôt de boues de dragage sur le site de la Grande Barrière de corail et l’annulation de la construction de nouveaux ports dans des zones encore intactes de la côte récifale, comme le Delta de Fitzroy et le cap York”. Cette action a également interrompu l’expansion de trois méga-ports charbonniers. 

Enfin, il est nécessaire que les actions entreprises se poursuivent car les menaces persistent. Se mobiliser pour relever ce défi c’est lutter à plus grande échelle pour l’immense défi de notre siècle : la sauvegarde des espèces et des espaces menacés.

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Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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