Jeanneau Merry Fisher 1095 : la croisière en version hors-bord

Par Figaronautisme.com
Lundi 26 novembre 2018 à 12h27

Nous avons testé en mer le navire amiral de la gamme Merry Fisher qui rentre désormais dans l’univers du bateau de croisière. Un modèle hors-bord spacieux et confortable qui n’a plus rien à voir avec ses prédécesseurs !

Nous avons testé en mer le navire amiral de la gamme Merry Fisher qui rentre désormais dans l’univers du bateau de croisière. Un modèle hors-bord spacieux et confortable qui n’a plus rien à voir avec ses prédécesseurs !

Il y a maintenant presque un an jour pour jour, le chantier vendéen crée la surprise au Nautic de Paris en présentant son nouveau Merry Fisher 1095. Un scoop de taille d’autant plus que le navire amiral est propulsé par deux puissants hors-bord, pour répondre à la demande du marché, et affiche des aménagements intérieurs particulièrement spacieux. Rien à voir avec le premier Merry Fisher 650 lancé en 1992, motorisé en in-bord et doté d’un grand cockpit pour la pêche ou encore du MF 695 sorti à la fin des années 90. Ce dernier aura marqué le succès du pêche-promenade chez Jeanneau avant le lancement des premiers modèles en hors-bord et croisière (ex : MF 725 HB) il y a une dizaine d’années…

Une troisième cabine en option : du jamais vu !

Mesurant 10,50 mètres hors tout pour 3,35 mètres de large, le nouveau Merry Fisher 1095 reprend un peu le coup de crayon de la MF 895 avec toujours une imposante timonerie, un carré en L dans le cockpit arrière, sans oublier une porte de coupé et une porte latérale bien pratique pour embarquer. Voilà pour les ressemblances. Pour le reste, la nouvelle MF 1095 gagne en modernité avec une étrave verticale et surtout en volume avec la possibilité d’avoir trois cabines sur le bateau. C’est unique !

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© : Figaro Nautisme

Commençons par le carré. Celui-ci se montre très lumineux avec des toits ouvrants et de larges baies vitrées. La décoration est sobre mais efficace avec du bois foncé et une sellerie grise. Côté aménagement, on retrouve un coin repas sur bâbord avec une banquette avant qui fait face à la marche en navigation ou bien qui se replie pour déjeuner à table. Celle-ci se replie facilement pour offrir une couchette double. La cuisine et les meubles de rangements en hauteur (pour la vaisselle) occupent discrètement toute la partie tribord face à une baie vitrée. C’est astucieux dans la mesure où ce bloc ne gêne pas la circulation à bord et permet de rejoindre rapidement le poste de pilotage ou les cabines. En revanche, un bémol pour la finition en noir brillant du plan de travail, probablement fragile et salissant sur la durée…

Le poste de pilotage monte en gamme avec un siège confortable de belle facture, un tableau de bord et un volant premium sans oublier la porte latérale, très pratique au moment d’appareiller.

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© : Figaro Nautisme

En contrebas, on retrouve la partie habitable avec deux cabines en standard plus une troisième cabine en option. Située sur tribord, celle-ci n’est pas ridicule car elle propose un couchage double d’environ 2 x 1,10 mètres, pour de jeunes enfants par exemple. A l’avant, on arrive directement dans la partie « propriétaire » avec une couchette double et plusieurs ouvertures pour laisser arriver de la lumière (deux panneaux zénithaux et de larges vitrages de coque). Pas de fioritures ou de décorations tape à l’œil au programme. En revanche, Jeanneau propose une salle d’eau indépendante à bâbord avec une douche séparée et vue sur mer. La hauteur sous barrots est bonne : environ 1,90 mètres. Quant à la cabine « invités », elle se situe toujours à bâbord mais plus vers le centre du MF 1095. Au programme, une autre couchette double et quelques rangements pratiques. La décoration est simple mais avec un éclairage Led disponible en option.

Un bain de soleil avant généreux et confortable

Au chapitre croisière, le nouveau Merry Fisher propose de nombreux atouts à l’extérieur à l’image du passavant encastré qui sécurise la circulation à bord ou encore de la banquette arrière de cockpit qui coulisse pour gagner en espace. Le bain de soleil avant est vaste et moelleux permettant d’accueillir deux personnes. On regrettera juste l’absence de main-courantes à cet endroit. Au mouillage, les plateformes arrières de part et d’autre des moteurs hors-bord restent un bel argument pour la baignade. A ce titre la douchette de cockpit est livrée dans la finition Premiere.

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© : Figaro Nautisme

Vitesse de pointe élevée, navigation à plat mais quelques vibrations notoires

Le chantier tricolore a travaillé plusieurs mois en Pologne pour développer la carène du nouveau Merry Fisher. Objectif : offrir une navigation à plat à tous les régimes avec une bonne vitesse de croisière et un bon rendement. Conçu pour accueillir une motorisation hors-bord, le MF 1095 était propulsé par deux Yamaha de 300 chevaux chacun. Une belle puissance qui permet de dépasser les 37 nœuds au régime de 6 000 tours par minute ! Mais en mode « croisière familiale », on se contentera d’une vitesse de l’ordre de 23 nœuds à 4 000 tours par minute, avec une consommation totale moyenne à ce régime de l’ordre de 93 litres par heure… Profitant d’une mer légèrement hachée, nous avons pu jouer au maximum avec la coque du bateau. Déjaugeant à partir de 15 nœuds environ, le MF 1095 navigue bien à plat et ne rechigne pas à affronter le clapot, sans taper trop fort. C’est rassurant. En terme de volume sonore, le nouveau Jeanneau est assez bruyant à haute vitesse, d’autant plus que les vibrations sont légions à bord. Dommage. A l’inverse, la position de pilotage est bonne et permet de bien garder le cap. Enfin, au chapitre des options pour la croisière au long cours, un propulseur d’étrave, plusieurs packs électroniques, une VHF ou encore des flaps électrique sont notamment proposés par le chantier. 

Notre avis

Oubliez la pêche. Avec ce 1095, le concept du Merry Fisher s’est embourgeoisé pour donner naissance à un bateau orienté vers la croisière en famille, le tout en version hors-bord. A se demander si ce modèle ne va pas cannibaliser un peu les gammes NC et Leader ? Avec trois cabines possibles, un niveau de qualité en hausse et de nombreuses options, le Jeanneau se montre en effet très confortable et spacieux, à condition d’y mettre le prix …

Les +

Volumes intérieurs et finitions

Circulation à bord

Confort en croisière

Les -

Bruit à vitesse élevée

Plan de travail de la cuisine

Politique des options

Fiche technique

Longueur hors-tout : 10,50 m

Largueur hors-tout : 3,35 m

Tirant d’eau : 0,69 m

Poids sans moteur : environ 4 638 kg

Puissance maximum : 2 x 300 ch

Capacité carburant : 2 x 400 l

Capacité eau : 160 l + 100 l (option)

Couchages : 4 + 4

Catégorie : B8/C10

Constructeur : Jeanneau (85)

Prix : environ 170 810 € avec 2 x 300 ch Yamaha

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© : Jeanneau

Données constructeur avec 2 x 300 Yamaha. Hélice 15

Régime moteur en T/mn

Vitesse en nœuds

Consommation en l/h

Autonomie : Heures/milles réserve 20%

1000

4,4

9,4

374,47

2000

7,9

25,2

249,21

3000

9,6

52,1

146,64

4000

23,3

93,8

198,29

4500

28,2

119,2

189,26

5000

32,3

147,5

174,92

5500

36,1

179,2

160,94

6000

37,6

205

146,73

Conditions de l’essai : coque neuve, vent 5 nœuds.