
Du Finistère à la Seine-Maritime, les bassins portuaires ont encaissé les assauts du vent et de la houle. À Cherbourg, le port de plaisance a été progressivement déserté à mesure que les rafales s’intensifiaient. Les drisses claquaient contre les mâts, résonnant dans le bassin sous un vent déjà tempétueux avant même le pic annoncé. Sur les quais, les derniers plaisanciers encore présents renforçaient leurs amarres, conscients que la nuit serait longue.
En mer, la situation a rapidement été jugée critique. La préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord a formellement demandé de ne pas prendre la mer, redoutant des vagues supérieures à 10 mètres, un scénario incompatible avec toute navigation, même professionnelle.
????????????La tempête #Goretti a bien été exceptionnelle sur les régions proches de la Manche et la Normandie dans son ensemble. Des records de vent mensuels et même absolus (tous mois confondus) ont été battus. ???? pic.twitter.com/wENBIT46fI
— La Chaîne Météo (@lachainemeteo) January 9, 2026
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Vigilance maximale sur la façade maritime
Seul département placé en vigilance rouge, la Manche a concentré les inquiétudes des autorités avant un retour à l’orange en fin de nuit, conformément aux prévisions de METEO CONSULT / La Chaîne Météo. Le phénomène, qualifié d’exceptionnel, a mobilisé d’importants moyens de secours, notamment sur le littoral, où chutes d’arbres, câbles arrachés et infrastructures fragilisées ont nécessité des dizaines d’interventions.
À terre, les conséquences ont été immédiates. Près de 50.000 foyers ont été privés d’électricité, principalement en Bretagne, en Pays-de-la-Loire et en Normandie, selon Enedis, qui a déployé des équipes renforcées pour faire face à une situation évolutive.
Îles et sites exposés sous cloche
Sur l’archipel des îles Chausey, au large de Granville, la population s’est préparée à affronter l’isolement imposé par la mer démontée. Les liaisons maritimes ont été suspendues, et chacun s’est organisé pour faire face à d’éventuelles coupures prolongées. Symbole de cette prudence généralisée, l’abbaye du Mont-Saint-Michel a fermé ses portes dès jeudi en fin d’après-midi, le risque de submersion et de vents violents rendant toute fréquentation dangereuse.
A #Fecamp les galets ont envahi les rues proches du front de mer comme ici rue de la Plage. Les agents du service technique sont déjà sur le pont. #tempetegoretti #goretti #Normandie pic.twitter.com/6XPtKyx6xx
— Tendance Ouest 76 (@Tendanceouest76) January 9, 2026
Un phénomène qui dépasse les standards habituels
Pour le préfet de Normandie, Jean-Benoît Albertini, Goretti représente un « événement dont l’ampleur dépasse ceux observés habituellement » dans la région. Des rafales supérieures à 140 km/h ont encore été mesurées dans l’arrière-pays normand, preuve que la tempête ne s’est pas limitée au seul littoral, même si la mer en a constitué l’épicentre le plus spectaculaire.
Des perturbations jusqu’en Manche et en Méditerranée
La tempête n’a pas épargné les routes maritimes. Outre-Manche, le Met Office a déclenché une alerte rouge pour les Cornouailles. Plus au sud, les effets de Goretti se sont également fait sentir en Méditerranée, où les compagnies Corsica Linea et La Méridionale ont annulé plusieurs traversées entre la Corse et Marseille, face à des vents violents et une mer annoncée très forte.
Alors que le cœur de la tempête s’éloigne progressivement, Goretti laisse derrière elle l’image d’un littoral durement éprouvé et rappelle, une nouvelle fois, la vulnérabilité des zones maritimes face à des épisodes météo de plus en plus intenses. En mer comme à terre, la prudence reste de mise tant que la houle et les vents n’ont pas totalement faibli.
Et pour suivre l'évolution de la situation, rendez-vous sur La Chaîne Météo
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