Comment repeindre sa coque de bateau ?

Dimanche 29 avril 2018 à 17h31

Au fil des années, le gelcoat ou la peinture d’origine se ternit, se craquelle, devient poreuse à tel point qu’un lustrage n’arrive plus à lui redonner son éclat d’origine. Il faut donc envisager une peinture. Mais avant de l’appliquer, il faut préparer la coque et c’est le point le plus important, cela représente 80% du travail final.

Avant d'appliquer la peinture sur une coque, il faut la préparer et c'est là le travail le plus important ! ©Albert Brel
Au fil des années, le gelcoat ou la peinture d’origine se ternit, se craquelle, devient poreuse à tel point qu’un lustrage n’arrive plus à lui redonner son éclat d’origine. Il faut donc envisager une peinture. Mais avant de l’appliquer, il faut préparer la coque et c’est le point le plus important, cela représente 80% du travail final.

La préparation d’une coque recouverte d’un gelcoat ou d’une peinture

Sur un bateau recouvert de gelcoat, il faut nettoyer, dégraisser la coque et éventuellement réparer les chocs et fissures. Une fois la coque propre, la poncer avec un papier abrasif très fin (280-320) ensuite éliminer avec un chiffon toutes les traces de poussière. Si le gelcoat a déjà été peint, il faut s’assurer que la peinture adhère bien à la coque et que celle que vous avez l’intention de passer est compatible avec celle qui est déjà appliquée sur le bateau. En cas de doute, on effectue un test d’adhérence (lire les recommandations du fabricant de peinture).

La préparation d’une coque en acier ou en alliage

Sur un bateau en acier déjà peint et dont la peinture est en bon état, on suit la même procédure que pour une coque en polyester (adhérence, compatibilité). Sur une coque en acier en mauvais état, une seule solution : la remettre à nu. Cela se fait par dérochage, disquage ou sablage.

Sur un bateau en alu, l’alumine qui se dépose sur la coque la protège. Si vous préférez la peinture, la préparation de la coque est sensiblement la même que pour un bateau en acier, le sablage étant la solution la mieux adaptée.

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Sur un bateau en acier déjà peint et dont la peinture est en bon état, on suit la même procédure que pour une coque en polyester. Sur une coque en acier en mauvais état, seule solution : la remettre à nu© Albert Brel

La préparation pour un bateau en bois

Sur les bateaux en bois, si la coque est humide, il existe des produits qui protègent de la pourriture et des tâches de moisissure. Si la coque est peinte, deux solutions : la peinture est passée mais en bon état, on procède aux tests d’adhérence et de compatibilité ; elle est en mauvais état, il faut l’ôter soit par ponçage soit par grattage ou en brûlant avec un chalumeau.

Les différentes laques

Il existe deux grandes familles de laques : les monocomposants et les bicomposants.

Les laques bicomposants sont à base de polyuréthane. Elles offrent l’avantage d’être très résistantes aux intempéries et de donner un résultat final de grande qualité. Au moment de la préparation, un durcisseur est incorporé à la base. Le film de peinture se forme sur le support par évaporation des solvants et par réaction chimique entre les liants contenus dans les différents composants (polymérisation).

Les laques monocomposants sont soit synthétiques à base de résines alkydes ou acryliques. Les premières ont une bonne adhérence à la surface, mais une durabilité moyenne, les secondes ont une excellente rétention de brillance et de couleur. La laque monocomposant a un séchage physique. Sur les coques polyester, acier et alu, on peut utiliser l’un ou l’autre des produits mais les laques bicomposants donnent de meilleurs résultats surtout dans le temps.

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Sur les bateaux en contreplaqué marine, aux bordées collées ou en bois moulés, on peut utiliser sans problème une laque bicomposant.© Albert Brel

Cas particulier des bateaux en bois

Les constructions en bois, simples bordés ou à clins sont souples et le bois a tendance à jouer, on utilisera de la laque monocomposant plus souple que la bicomposant. Sur les bateaux en contreplaqué marine, aux bordées collées ou en bois moulés, on peut utiliser sans problème une laque bicomposant.

Dernière préparation quel que soit le support

Avant l’application, il faut masquer toutes les zones et l’accastillage qui ne doivent pas être peints et dans certains cas, démonter celui-ci. La coque est parfaitement préparée et les pièces d'accastillage masquées ou démontées, on peut, à ce stade, considérer que le travail principal est effectué.

Les conditions météo requises pour l’application

Si vous travaillez en extérieur, il faut que les conditions climatiques soient favorables, qu’il n’y ait pas de vent ni de risque de poussière, mais ce n’est pas suffisant. Deux points très importants sont à vérifier : le pourcentage d'humidité de l'air et la température.

Si de l'air humide est soumis à une baisse de température, par exemple à la tombée de la nuit, il se peut que cette humidité soit supérieure au maximum que peut contenir l'air à cette nouvelle température, l'humidité en excès se condense et tombe en rosée, phénomène fréquent l'été et synonyme d'une belle journée mais pas pour repeindre un bateau. L’application ne peut se faire qu'à une certaine température donnée dans les fiches spécifiques des produits. Une température trop élevée diminue la viscosité provoquant un risque de coulures. Une humidité trop importante au moment de l'application peut conduire à un farinage avec aspect mat pour certaines laques de finitions brillantes.

Pour l’application dans un lieu couvert, il faut s’assurer de la température de l’air et de l’humidité. Dans un hangar fermé, il est plus simple de contrôler la température mais, attention, pour éviter des chocs thermiques, il faut qu’elle soit constante dans tout le local. Si vous utilisez un chauffage, éviter le gaz qui diffuse une chaleur humide ainsi que l’air pulsé s’il y a risque de poussière.

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Si vous travaillez en extérieur, il faut que les conditions climatiques soient favorables, qu'il n'y ait pas de vent ni de risque de poussière. Il faut contrôler aussi l'humidité de l'air.© Albert Brel

Les bons outils

Pinceaux, rouleaux et pads sont les principaux outils des amateurs. Le pistolet pneumatique qui permet d’obtenir une finition parfaite est réservé aux professionnels ou aux amateurs avertis maîtrisant parfaitement cette technique.

Pour l’application au pinceau, il faut utiliser un modèle large avec des poils longs et souples. La technique consiste à croiser les couches avec un mouvement en diagonale de gauche à droite. Pour estomper toutes les marques de pinceau, la dernière couche est passée avec des coups de pinceau léger, à la verticale. L’idéal pour obtenir une bonne finition est de travailler à deux, le premier peint comme nous venons de le voir, le deuxième la lisse immédiatement à l’aide d’un pad. Le pad, utilisé à la verticale pour éviter à la peinture de couler, ne sert qu’à lisser pas à appliquer. On peut également utiliser un rouleau, à condition de le prendre en mousse très dense et à petites alvéoles. Le rouleau dépose moins de produit qu’un pinceau, il faut donc passer plus de couches. Pour parfaire la finition, il est recommandé de lisser la dernière couche avec un pinceau ou un pad. Ce lissage doit se faire immédiatement après application, les deux peintres travaillant côte à côte.

 

L'équipe
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
Geoffroy Langlade
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Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
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Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.